Préface, j
4. Lu complexité de plus en plus grande des caractères, dans la réalité, est une preuve de i)rogrès, d'après M. Herbert Spencer, Essais sur le progrès (traduction Burdeau), p. 0 sqq., p. iO, 7-4.
fut adoptée dans la pratique par A. de Vigny qui ne l'admettait pas en théorie; dans ses Rétlexions sur la vérité dans l'art, nous trouvons en effet ceci : « Si un homme me paraît un modèle parfait d'une grande et noble fiiculté de l'âme, et que l'on vienne m'apprendre quelque ignoble trait qui le défigure, je m'en attriste, sans le connaître, comme d'un malheur qui me serait personnel ^ » Et pourtant, cédant au mouvement général, A. de Vigny nous présente dans la Maréchale d'Ancre un de ces caractères complexes, pleins de contradictions ; l'auteur le reconnaît lui-même, dans l'analyse qu'il en fait : « Femme d'un caractère ferme et mâle, mère tendre et amie dévouée ; calculée et dissimulée à la façon des Médicis dont elle est l'élève; manières nobles, mais un peu hypocrites*. » Ce caractère est plus complexe encore dans la pièce même ; car cette femme, qui ne tremble ni devant les balles ^ ni devant l'échafaud \ est supertitieuse : « J'ai tiré trois fois les cartes qui annoncent un retour inquiétant, etc. ^ », et ce qu'elle dit, elle le fait sur la scène, avant de faire arrêter le prince de Gondé : « Voyons si le sort est pour lui [elle tire furtivement un jeu de cartes de sa poché). Ceci veut
dire retard; parlons lui [elle regarde son jeu à la
dérobée). Succès! succès! (elle serre lyrécipitarnment son jeu., et., i^lus libre et jdus confiante^ elle s'avance ^. »