‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 163 sur 256 · Drame, t. UI, p · texte numérisé non relu

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pure. Attachez Dieu au gibet, vous aurez la croix. » Maintenant, si l'on prend le drame en lui-même, sans scruter les intentions du poète, on peut se demander si ce mélange dans une même âme, du crime et de la vertu, est bien vraisemblable. Non, sans doute, dans la proportion que lui donne V. Hugo. Mais, à ce compte, la vertu parfaite des héros de tragédie n'est pas non plus une réalité. La tragédie exagérait la pureté morale, qui se trouve le plus souvent à l'état de simple honnêteté chez nous. Le drame exagère le contraste qui existe en nous entre les qualités et les défauts; il en fait une opposition entre des vices et des vertus : ce n'est plus la pure et simple réalité; mais le théâtre, classique ou romantique, est toujours de la vérité exagérée ; seulement le romantisme exagère en laid : c'est encore un des effets de cette réaction, déjà signalée, contre la tragédie.

C'est à cette opposition constamment cherchée que que nous devons un des éléments les plus curieux de la psychologie romantique. La tragédie nous présentait des héros toujours nobles, même dans le mal : le drame nous montre le grotesque.

Nous avons déjà vu quel rôle il joue dans l'action. Dans les caractères, il tient une place plus importante encore. Pour reprendre la classification qui en est faite dans la Préface de Gromwell, « quelquefois il arrive par masses homogènes, par caractères complets : Dandin, Prusias, Trissotin, Brid'oison, la nourrice de Juliette; quelquefois empreint de terreur, ainsi : Richard III, Bégéars, Tartuffe, Méphistophélès ; quelquefois même voilé de grâce et d'élégance, comme

Figaro, Osrick ', Mercutio, don Juan 2. » Je comprends que le rêve d'un poète soit de trouver une nouvelle incarnation de don Juan; mais cet idéal, mélange de grâce et d'impertinence, de passion et de scepticisme, à la fois séduisant et répulsif, où le trouver dans le nombreux personnel des drames? A coup sûr, ce n'est pas dans le Don Juan de Marana ou la Chute d'un ange, mystère en cinq actes d'A. Dumas. Gallus s'en rapprocherait peut-être \ Mais peut-on appeler drame ce marivaudage du poète?

Figaro paraît avoir tenté davantage les romantiques. Dans Cromwell, lord Rochester rappelle, en effet, le Barbier de Séville même par son entrée en scène. Rien n'y manque, ni la chanson dans la coulisse, ni les couplets écrits sur le genou ; mais la ressemblance '' s'arrête là, et le Figaro anglais tourne vite à l'Oronte.

Le théâtre de Dumas, qui avait le don de la gaieté, et qui disait : « Amuser et intéresser, voilà les seules règles ^ », fourmille de personnages gais, mais la plupart sont des utilités plutôt que des caractères : tels. Joyeuse, dans Henri III; Steinberg neveu, dans Christine; Jules Raymond, dans Angèle; Pistol, dans Kean; Lepidus, dans Caligula, etc.

Quant aux caractères plus complexes, Mac-Allan, dans le Laird de Dumbiky; Lorin, dans le Chevalier de

1. Osi'ick est assez mal clioisi. C'est d'abord un personnage fort peu connu. De plus, il joue le rùie d'un sot. Second Hamlet, se. xx, Irad. fr. Victoi' Hugo, p. 3:20 sqq.

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