Théâtre, t. II, p
Maison-Rouge, et Halifax, le premier. Gascon d'Ecosse, est fort amusant, mais c'est un personnage comique dans une comédie; le second, le gai et vertueux Lorin, a le tort d'être un gracioso de mélodrame, se changeant au dernier acte en vengeur du crime ^ Quant à Halifax, caractère complexe, plein de contradictions, de contrastes, son seul tort est d'être une pure et simple copie de Fio-aro.
C'est dans A. de Vigny que nous étudierons le modèle du genre, puisque son Fiesque, supérieur à Joyeuse ou à Steinberg, est antérieur au Saverny de Marion Delorme ~. « Blanc, blond, frais, rose, de joyeuse humeur et de vie heureuse, l'air ouvert, franc, étourdi, l'allure légère et gracieuse, le nez au vent, le poing sur la hanche... bon et spirituel garçon'^ », Fiesque passe rapidement dans le drame, comme un éclair de bonne humeur. 11 remplit de sa gaieté tout le début, impertinent avec le juif Samuel, avec Borgia, à qui il veut enlever sa maîtresse ; du reste fort respectueux pour une femme qu'il a aimée sans retour ''; s'éprenant d'une belle tendresse pour l'homme avec qui il vient de se battre, et le persécutant de ses protestations, comme Saverny fait à Didier. Chevaleresque jusqu'à venir faire sa cour à la Maréchale, quand la disgrâce s'annonce ^, jusqu'à traverser le peuple soulevé pour apporter des nouvelles, il
d. Tableau XI, se. ii.
2. 11 est vrai qu'avant de composer son drame, A. de Vigny avait entendu V. Hugo lire sa Marion Delorme. (A. Dumas, Mémoires, t. V,