‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 169 sur 256 · A. II, se. II · texte numérisé non relu

A. II, se. II

ration. Un critique a prétendu queV. Hugo n'avait pas compris l'amour paternel, et l'avait représenté, dans Triboulet, entaché d'égoïsme. Pour les besoins de sa thèse, le même critique ajoutait que Y. Hugo « avait voulu faire de ce personnage le type de cet amour ^ ». Si cette dernière remarque était vraie, le reproche serait fondé. Mais Job, dans les Burgraves, n'a-t-il pas autant de droits que Triboulet à personnifier l'amour paternel? L'affection qu'il porte à Otbert n'est-elle pas pure de tout égoïsme? Le vieux burgrave sacrifie toute sa joie au bonheur de ses enfants :

U faut me dire Un dernier mot d'amour dans un dernier sourire. Que deviendrai-je, hélas ! quand vous serez partis? ^

Il va même jusqu'à donner sa vie pour que son fils soit heureux ^.

Le poète a droit de peindre toute la réalité : il y a tel père qui chérit ses enfants pour eux, et tel autre qui les aime pour lui. V. Hugo a représenté le premier dans les Burgraves, et le second dans le Boi s'amuse.

Ceci dit, il est incontestable qu'il y a beaucoup d'égoïsme dans l'amour que Triboulet porte à sa fille :

Comme vous êtes bon, mon père! — Non, je l'aime, Voilà tout. IV'es-tu pas ma vie, et mon sang même? Si je ne t'avais point, qu'est-ce que je ferais, Mon Dieu! *

1. Saint-Marc Girardin, Littcrature dramatique, t. I, p. 158 sqq. I.a restriction du début n'est que précaution oratoire, courtoisie littéraire.

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