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l'amour, sont réunies dans son cœur, pendant toute une scène :
C'est ma lille ! oui, riez maintenant! '
Ce caractère a donc, un instant au moins, une unité parfaite. Et cette haine ne se perd plus, comme chez Hernani, dans un flux de paroles : elle agit, elle rend Triboulet ingénieux dans son piège ~, et, ce qui vaut peutêtre mieux encore, elle lui arrache des mots vrais et puissants :
Cette porte... Oii! tenir et toucher sa vengeance! C'est bien par là qu'ils vont me l'apporter, je pense. Il n'est pas Theure encor. Je reviens cependant. Oui, je regarderai la jiorte en attendant : Oui, c'est toujours cela.
Pour toutes ces qualités réunies, Triboulet nous semble le véritable héros romantique. Sa grandeur, sa puissance, sa vérité étonnent, surtout quand on pense que ce drame n'a été écrit qu'en vingt jours ^. Le seul inconvénient de ce rôle, c'est qu'il est écrasant. Le seul défaut de ce caractère, c'est qu'il ne peut avoir toute son unité que dans l'esprit du poète et du lecteur. Un acteur ne peut forcément montrer au spectateur qu'un des deux côtés du rôle : le père ou le bouffon; il faudrait toutes les forces d'un homme pour jouer seulement le cinquième acte. La plus belle création du poète est celle qui convient le moins à la scène : il n'a pas
{. Drame ^ t. II, p. i31 sqq.