‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 175 sur 256 · Histoire du Romantisme, p. 160, IGl · texte numérisé non relu

Histoire du Romantisme, p. 160, IGl

colère. La voix de leur père me répond là! {Elle porte la main à son cœur.) Je ne puis plus respirer. Cette voix me brise le cœur. [Elle tombe sur un fauteuil.) J'ai besoin d'être assise. N'est-ce pas comme un orage qui vient? et tous les orages tombent sur mon pauvre cœur \ -»

Quant à son caractère, il est, d'après le procédé nouveau que nous avons déjà signalé, complexe, contradictoire au besoin. C'est une femme d'un esprit grave, religieux. Th. Gautier l'appelait « cette angélique puritaine ^ ». Elle condamne chez ses enfants le goût de la parure : « N'essayez pas ce petit collier , Rachel ; ce sont des vanités du monde que nous ne devons pas même toucher ^. » Pour son propre compte, elle n'a jamais « daigné porter » de bijoux ^. Comme ses sentiments, son langage est quelquefois biblique : « J'avais étendu sur moi la solitude comme un voile, et ils l'ont déchiré ^. » Mais, si quelque gros chagrin la surprend, elle dira : « Oui, il y a des moments où je voudrais être catholique, à cause de leur confession. Enfin! ce n'est autre chose que la confidence, mais la confidence divinisée... j'en aurais besoin^. »

Malgré ses hésitations sur le dogme, son caractère est à coup sûr mûri, afTermi par la rehgion, et pourtant elle a des vivacités, des irréflexions d'enfant, si bien que le vieux quaker peut dire à Rachel et à son frère :

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