‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 176 sur 256 · Théâtre, t. I, p · texte numérisé non relu

Théâtre, t. I, p

« Vous allez dire à votre bonne petite mère que son cœur est simple, pur et véritablement chrétien, mais qu'elle est plus entant que vous dans sa conduite ' . »

Enfin, pour compléter sa caractéristique, elle n'a rien d'héroïque ni dans l'esprit ni dans l'attitude, « élégante par nature plus que par éducation, réservée ^, timide dans ses manières ^, tremblante devant son mari "', expansive et abandonnée seulement dans son amour maternel ^ ». A cette analyse d'A. de Vigny nous n'avons qu'à ajouter un dernier trait, bien bourgeois : elle est ignorante, n'a dans sa maison qu'un seul livre, la Bible, et ne connaît les œuvres de Chatterton que par ouïdire ^.

Gomment, dans cette femme qui n'a que la distinction du cœur, qu'une exquise et calme bonté, le drame, c'està-dire la passion, va-t-il amener ses troubles? « Sa pitié pour Chatterton va devenir de l'amour; elle le sent, elle en frémit '. » D'abord elle reste très pure, et devient plus scrupuleuse encore : « Pourquoi, lorsque j'ai touché la main de mon mari, me suis-je reproché d'avoir gardé ce livre? La conscience ne peut avoir tort. Je le rendrai \ » Le charme pénétrant de ce caractère, c'est l'innocence, prolongée jusqu'à la naïveté, dans cet amour qui s'ignore. Elle verse des larmes à voir seule-

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