‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 179 sur 256 · Théâtre, t. H, p. 1G · texte numérisé non relu

Théâtre, t. H, p. 1G

moins forte que Pauline, Adèle sent bien que revoir Antony, c'est s'abandonner, vaincue d'avance, à la passion; et, tandis que Pauline calme, à force de raison. Sévère, Adèle se laisse entraîner par la passion d'Antony jusqu'à s'écrier : « Antony! mon Antony, oui, je t'aime ' ! »

Désormais elle a beau le quitter, le fuir même : elle est perdue. Désormais aussi tout rapprochement entre les deux pièces est impossible : Adèle a succombé à la violence; le mauvais ange du début devient un dieu, à qui elle sacrifie tout. Elle est insultée publiquement à cause d'Antony, et ne l'en rend pas responsable ~. Elle se voit, entrant dans un bal les yeux rougis. . . « Ils diront : Ah! elle a pleuré... mais il la consolera, lui : c'est sa maîtresse ^. » Et elle se console en effet aussitôt dans les bras de son amant ^. Le souvenir de sa fille peut l'empêcher de fuir avec Antony, mais non pas de mourir. Toute résistance, toute force de volonté est brisée en elle. Adèle est vaincue par l'amour; l'amour coupable ne la relève pas, comme Ghimène, mais l'abat comme Camille.

Gomme Kitty Bell, et plus encore qu'Adèle, Blanche s'oubhe, pour ne songer qu'à celui qu'elle aime : l'amour fait d'une simple enfant une héroïne qui reste femme : elle se dévoue en tremblant.

C'est d'abord une jeune fille, aimant son père et tâchant de remplacer sa mère auprès de lui ^, éprouvant

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