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rinfortune d'un simple paysan de Leuctres est aussi émouvante que l'assassinat classique d'Agamemnon par Glytemnestre \ Il va plus loin et avoue même que des personnages plus rapprochés de nous par le rang, nous intéresseront davantage, que nous éprouverons plus de terreur ou de pitié pour mv malheur qui peut nous arriver -. Tout cela est excellent, et l'on est tenté de conclure : après la préface de Don Sanche à quoi bon la préface de Gromwell?
Malheureusement Corneille n'avait que des demiaudaces, en théorie. Racine ne fut pas plus courageux, et la tragédie fut condamnée à la royauté à perpétuité. Qu'y gagna-t-elle ? Plus de moralité, prétend Corneille : « Le spectateur peut concevoir avec facilité que si un roi, pour trop s'abandonner à l'ambition, à l'amour, à la haine, à la vengeance, tombe dans un malheur, si grand qu'il lui fait pitié, à plus forte raison lui, qui n'est qu'un homme du commun, doit tenir la bride à de telles passions , de peur qu'elles ne l'abîment dans un pareil malheur ". »
Cette raison est vraiment trop ingénieuse : voici, peut-être, la vérité. Tout le xvii^ siècle, auteurs et spectateurs , veut que l'art dramatique soit majestueux , comme l'art en général , comme la peinture ou la sculpture : la dignité royale ajoute à la majesté du personnage : un héros tragique ne peut soupirer que pour une reine : une princesse ne peut aimer qu'un roi, et ce que Jason dit de