‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 20 sur 256 · T. 1, p. IJi · texte numérisé non relu

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lui-même est vrai de tous les autres princes de tragédie :

Jason ne lit jamais de communes maîtresses; Il est né seulement pour cliarmer les iirincesses, Et haïrait l'amour, s'il avait sous sa loi Rangé de moindres cœurs que des filles de roi '.

Voilà donc le parti que la tragédie tire de la royauté : celle-ci ajoute à la pompe des vers et des sentiments; quels que soient l'époque et le pays où se passe la pièce, les héros ont tous la même dignité et le même sentiment de leur dignité. Gréon, dans Médée, parle comme Mithridate, don Fernand, dans le Gid, comme Agamemnon dans Iphigénie. La nature, la simplicité y perdent, la dignité tragique y gagne : triste compensation. Si parfois un de ces personnages couronnés s'oublie jusqu'à parler comme un homme, les commentateurs sont ravis, et prennent pour une beauté singulière ce qui n'est qu'une rareté. Lorsqu'Andromaque, en parlant de son enfant, que la dignité tragique relègue dans la coulisse, dit, comme une mère :

Je ne l'ai pas encore embrassé d'aujourd'hui, -,

on crie au miracle : si elle l'embrassait sur la scène, ce serait un petit scandale : l'étiquette serait violée. Forcés de garder la dignité de leur rang, les rois de tragédie sont toujours en représentation : ils sacrifient à leur majesté tout le reste, la simplicité de parole, et, chose plus grave, la simplicité des sentiments. Aga-

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