DE L HISTOIRE
dit ailleurs, et il espère qu'on s'en souvient peut-être : à défaut de talent, il a la conscience '. » N'est-ce pas de la conscience inutile? Si ces détails passent inaperçus, voilà bien de la besogne perdue : s'ils sont assez frappants pour attirer l'attention, ce genre d'intérêt n'est guère dramatique : nous l'avons déjà vu pour la vérité des décors. A quoi bon faire ressembler la scène à un cabinet d'archéologue? On vos trésors nous laisseront froids, et nous ne nous occuperons que des caractères; ou nous oublierons les caractères pour regarder les costumes -.
V. Hugo sentait bien que cette précision des détails était inutile, et même dangereuse. Aussi l'atténuait-il dans la pratique. Il craignait par exemple que « quelques spectateurs peu lettrés » ne sussent pas ce que voulait dire « noble du roi » en Espagne : « Gomme au théâtre deux ou trois personnes qui ne comprennent pas se croient parfois le droit de troubler deux mille personnes qui comprennent, l'auteur a fait dire à Ruy Blas sujet du roi pour noble du roi^ comme il avait déjà fait dire à Angelo Malipieri la croix rouge au lieu de la croix de gueules ^. » C'était sage et prudent.
Mais alors pourquoi acquérir une science dont on ne peut pas toujours faire étalage? Au fond, pour faire autrement et mieux que les tragiques : un peu aussi pour une raison plus spécieuse. « Les petits détails d'histoire et de vie domestique doivent être scrupuleusement