Drame, t. IV, p
étudiés et reproduits par le poète, mais uniquement comme des moyens d'accroître la réalité de l'ensemble et de faire pénétrer jusque dans les coins les plus obscurs de l'œuvre cette vie générale et puissante, au milieu de laquelle les personnages sont plus vrais et les catastrophes par conséquent plus poignantes. Tout doit être subordonné à ce but. L'homme sur le premier plan, le reste au fond ^ » Certes, cette théorie est excellente, et le drame serait incontestablement supérieur à la tragédie s'il en était ainsi dans la pratique. Mais si des détails précis ajoutent à la vérité de l'ensemble, seuls ils ne peuvent pas faire qu'une pièce, fausse dans son ensemble, soit vraie. En pareil cas même, la précision des détails est dangereuse : elle pourrait faire passer pour véritable une œuvre où l'imagination du poète dépasserait son érudition. C'est justement ce qui est arrivé, tantôt par faiblesse irréfléchie, et tantôt par principe, pour les caractères, les événements et les institutions.
A. Dumas travaillait trop vite pour avoir le temps d'approfondir les mœurs : les recherches historiques lui prenaient peu de temps. Pour faire une « trilogie dramatique en cinq actes, en vers, avec prologue et épilogue ^ », il ne lui faut qu'une révélation rapide et quatre mois de travail : « Au moment où je passai des salons de peinture à l'exposition de sculpture, un cercle s'était formé autour d'un petit bas-rehef d'un pied de haut à peu près, sur dix-huit pouces de large; il représentait Christine faisant assassiner Monaldeschi...