‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 197 sur 256 · Drame, t. II, p · texte numérisé non relu

Drame, t. II, p

DE l'histoire 2M

dans la réalité. V. Hiig-o nous présente dans Louis XIII un grand enfant à cheveux gris, ennuyé et boudeur : n'est-ce pas là l'impression générale que nous laissent les historiens? Et pourtant l'esprit n'est pas complètement satisfait : le poète insiste sur la dépendance du roi : nulle part il ne nous en indique les raisons, ou plutôt le spectateur emporte cette conviction que le roi est dominé par l'ascendant du cardinal, que cette dépendance est affaire de faiblesse et non de volonté, qu'il ne veut pas résister parce qu'il ne le peut pas. Or, à moins d'être aveuglé par le parti pris et même par l'esprit de parti, comme Michelet ', il est assez facile de voir la vraie raison de ce vasselage. Louis XIII n'eut qu'un mérite, laissons-le-lui : il comprit Richelieu -, sut lui sacrifier toutes ses amitiés, même ses froides amours, même son affection pour sa mère, parce qu'il sentait que Richelieu était indispensable : roi de nom, il abdiqua toute sa vie pour le roi de mérite. Cette triste figure s'ennoblit singulièrement, ainsi considérée : s'il n'eut pas la grandeur d'esprit, il eut la grandeur de caractère, qui vaut mieux.

C'est ce que n'ont pas compris V. Hugo et A. de Vigny.

La vérité des faits est forcément plus exacte. On peut différer d'avis sur le caractère d'un homme. Mais ses actions importantes, ou bien les grands faits d'un peuple, ne peuvent subir de modification. C'est cette

1. « On voit que Richelieu avait ensorcelé le roi. Par talisman, philtre ou breuvage? Par l'anneau enchanté qui, dit-on, troubla Gharlemagne? Non, par la caisse des finances. Louis XIII n'avait jamais vu d'argent, et Richelieu lui en fit voir. » Hist. de Fnmce, t. XI, p. 26i.

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