‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 198 sur 256 · CL Henri Martin, t. XI, p · texte numérisé non relu

CL Henri Martin, t. XI, p

partie de l'histoire à laquelle s'intéresse surtout A. de Vigny : « L'esprit humain ne me semble se soucier du vrai que dans le caractère général d'une époque; ce qui lui importe surtout, c'est la masse des événements, et les grands pas de l'humanité qui emportent les individus K » Malheureusement, dans ce théâtre, l'histoire n'est pas seule, et le roman apparaît. Toutes les pièces historiques du romantisme ont une double intrigue : les personnages réels jouent leur drame à part, et nous en connaissons d'avance la fin par l'histoire. Les personnages d'imagination mêlent leurs aventures particulières aux événements historiques, et retardent de toutes leurs forces un dénouement qu'ils ne peuvent empêcher. Pour conserver l'image du poète « il fallait que la tragédie du roman tournât autour de tous ces personnages et les enveloppât de ses nœuds, comme le serpent de Laocoon, sans déranger l'authenticité des faits- ».

Et, si l'on objecte aux romantiques qu'un pareil procédé est dangereux, non pas seulement pour l'histoire, mais encore pour l'unité du drame; comme ils ne sont jamais à court, sinon d'idées, du moins d'images, ils répondront : « L'action que l'on croit double, est simple. Le tissu et la broderie qui l'enjolive ne font point deux étoffes : Yaqoub, Bérengère, le comte, voilà le tissu ; Charles VII et Agnès, voilà la broderie. Le roi vient demander l'hospitalité au vassal; le vassal la ui accorde, et c'est tout. L'arrivée inattendue de Charles VII complique l'action, mais ne la détourne

\. Cinq-Mars, t. I, p. 9, 10.

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