‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 3 sur 256 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

uniquement dans le théâtre de Corneille et de Racine que nous étudierons les conventions tragiques.

Quant au romantisme dramatique, il se personnifie dans A. de Vigny, A. Dumas et V. Hugo '. Sans doute, ces trois écrivains eurent des génies différents, mais ils avaient des idées communes. A. de Vigny a constaté un des premiers celte unité du but, avec des divergences personnelles • « Il se trouva quelques hommes, très jeunes alors, épars, inconnus l'un à l'autre, qui méditaient une poésie nouvelle. Chacun d'eux, dans le silence, avait senti sa mission dans son cœur. Aucun d'eux ne sortit de sa retraite que son œuvre ne fût déjà formée. Lorsqu'ils se virent mutuellement, ils marchèrent l'un vers l'autre, se reconnurent pour frères et se donnèrent la main ^. »

Dans la révolution romantique, A. de Vigny fut, sinon l'initiateur, du moins le précurseur : a Le seul mérite qu'on n'ait jamais disputé à ces compositions, c'est d'avoir devancé en France toutes celles de ce genre dans lesquelles une pensée philosophique est mise en scène sous une forme épique ou dramatique^. » A Dumas garda toujours son indépendance : « Je n'admets pas en littérature de système, écrivait-il en 1831 ; je ne suis

1. Nous ne croyons pas qu'on puisse ranger Mérimée parmi les créateurs du drame romantique, quoique Dumas le reconnaisse pour un des fondateurs du genre [Théâtre complet, t. I, p. IIJJ, édit. Michel Lévy, 1873). Sans doute, Mérimée a écrit la Jacquerie, et la Famille de Carvajal, en 1828. Ce sont des œuvres bien sombres, dans le goût romantique : mais ce sceptique exquis n'avait pas assez de chaleur d'imagination pour en faire de vrais drames.

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