Poésies, p
LA POLITIQUE — LA MORALITÉ 2o5
Tous trois arrivèrent au tliéàtre démocratique par des voies différentes.
L'ancien gendarme de la garde conunença par attaquer dans le passé les ministres qui perdent la royauté : Richelieu est rendu responsable de quatre-vingt-treize, parce qu'il a préparé une monarchie sans base \ Louis XIV aura beau être absolu : « Richelieu a rompu le faisceau d'armes qui le soutenait : ce faisceau-là c'était la vieille noblesse qu'il a décimée -. » On sent qu'avant d'être royaliste, A. de Vigny est gentilhomme : « J'avais le désir de faire une suite de romans historiques qui seraient comme l'épopée de la noblesse ^. » Malheureusement pour lui, il se vit obligé d'en écrire l'éloge funèbre ^. Ce n'était pas en Espagne seulement que les rois laissaient sacrifier leur noblesse ■' : « Étant né gentilhomme, j'ai fait l'oraison funèbre de la noblesse, la noblesse écrasée
Entre les rois ingrats et les bourgeois jaloux ^.
Tout en se préparant à se dévouer pour la royauté, il la jugeait sévèrement : « J'ai préparé mon vieil uniforme. Si le roi appelle tous les officiers, j'irai. Et sa cause est mauvaise, il est en enfance ainsi que toute sa famille ; en enfance pour notre temps qu'il ne comprend pas. » Toute sa sympathie va au peuple : « Depuis ce