‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 213 sur 256 · Béranger, Préface des Chaiisons nouvelles et dernières · texte numérisé non relu

Béranger, Préface des Chaiisons nouvelles et dernières

LA POLITIQUE — LA MORALITÉ i>o7

liberté qu'il n'avait pas dans son cœur. A cela je répondrai que le théâtre n'est pas un cours d'histoire, mais une tribune par laquelle le poète répand et propage ses propres idées; — que mes idées^ à moi, idées que je crois bonnes selon l'égalité démocratique comme je l'entends, acquièrent une nouvelle puissance dans la bouche de l'homme dont le peuple a foit un demi-dieu '.» Chez V. Hugo ces idée prirent une autre forme ; ans ses drames, de tous les monarques, seul Vempereur joue un beau rôle : Gharlemagne apparaît grandi, et personnifiant la clémence - ; Barberousse sort pr(»sque de la tombe pour venir sauver son pays ^, et pardonne, lui aussi ^. Enfin don Carlos se transfigure : le roi méchant devient bon, parce qu'il devient empereur :

Ai-je bien dépouillé les misères du roi,

Gharlemagne? Empereur, suis-je bien un autre homme"? "

Donc, par sympathie pour un empire qui devenait libéral à distance, ou pour la noblesse sacrifiée par la royauté, nos trois romantiques devinrent démocrates. Ils réalisaient ainsi un souhait de Mme de Staël (jui disait : « La poésie française, étant la plus classique de toutes les poésies modernes, est la seule qui ne soit pas répandue parmi le peuple... nos poètes français sont admirés par tout ce qu'il y a d'esprits cultivés chez nous et dans le reste de l'Europe, mais ils sont tout à fait inconnus aux gens du peuple, et aux bourgeois même

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