Drame, t. Il, p. liO
Le poète sacrifie la royauté au peuple : son parti pris est si bien arrêté qu'il veut faire de Corneille l'apologiste de la royauté, un révolutionnaire anticipé : « Lorsque Corneille dit :
Pour être plus qu'un roi tu te crois quelque chose,
Corneille, c'est Mirabeau K » Le contre-sens littéraire est évident : le nMe du roi dans son drame est-il un contre-sens historique? Peu importe. Je ne juge pas, je constate. Le roi devient un traître de mélodrame, et le protagoniste, c'est l'ouvrier Gilbert, c'est surtout le laquais Ruy Blas : « On voit remuer dans l'ombre quelque chose de grand, de sombre et d'inconnu. C'est le peuple... ayant sur le dos les marques de la servitude, et dans le cœur les préméditations du génie -. »
A. de Vigny, qui ne s'est enfermé qu'assez tard dans sa tour d'ivoire, a commencé par écrire lui aussi pour la foule « ayant toujours en vue le peuple auquel il parle ^ ». Il embrasse ses idées, son bon sens polititjue [ui voit gros, mais juste : «. On se donne la peine aux luileries de penser à une régence pour le petit comte ie Paris et à constituer u?ie branche aînée dans la branche cadette. Eh! bon Dieu, qu'importent ces 3ranches et branchages à la plus démocratique des lations? ^ » Le peuple, dans les drames d'A. de Vigny, a out poiu' lui, la supériorité de la force : « Ah! courti- >ans, ah ! vous avez mêlé le peuple à nos affaires ; il vous