Id., p
il restera de glorieux monuments de leur lutte...; des talents d'un ordre élevé se sont abaissés pour tendre la main au peuple... ; mais, cependant, il fluitle déplorer, la poésie n'a guère popularisé que des passions, des haines ou des envies ^ »
Pourtant, il y a dans les drames romantiques autre chose que des provocations politiques. S'élevant audessus des intérêts des partis, nos poètes s'adressent directement à la société, et plaident auprès d'elle la cause des malheureux. Tout au plus pourrait-on reprocher à leur plaidoyer d'être quelquefois un réquisitoire.
De Vigny, le plus modéré des trois dans la forme, était au fond un véritable « socialiste ». S'il écrit, ce n'est ni pour la gloire, ni pour l'argent : « Mais je sens en moi le besoin de dire à la société les idées que j'ai en moi, et qui veulent sortir ~. » On trouve dans son œuvre « l'esprit de l'humanité, l'amour entier de l'humanité et de l'amélioration de nos destinées ^ ». Il prend en pitié le sort des ouvriers écrasés par leur maître : ils font deux lieues pour demander la grâce d'un des leurs renvoyés : « Non, non, non, non! Vous travaillerez davantage, voilà tout. — Un Ouvrier, à ses camarades : Et vous gagnerez moins, voilà tout ^ » Ce n'est pas seulement à l'homme riche, au spéculateur heureux, à l'égoïste par excellence, au juste selon la loi, que A. de Vigny s'attaque. Il regarde plus haut : il craint que la société ne fasse comme l'individu : « La