‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 219 sur 256 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

/i. Sldlo, p. 378.

cimetière nie semblent préférables '. » Le poète, dans la société moderne, n'a qu'à suivre le conseil que lui donne le loup traqué :

Gémir, pleurer, prier, est également lâche,

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

Dans la voie où le sort a voulu l'appeler,

Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler -.

Quel est le remède? Il est très simple, en théorie : « Ne prendrons-nous pas, sur les palais et sur les milliards que nous donnons, une mansarde et un pain pour ceux qui tentent sans cesse d'idéaliser leur nation malgré elle?-' » Pour sortir de l'utopie, voici comme A. de Vigny rédigerait son projet de loi en faveur des écrivains : « Si un poète a produit une œuvre qui obtienne l'admiration générale, il recevra une pension alimentaire de deux mille francs. Si, après cinq ans, il produit une œuvre égale à la première, sa pension lui sera allouée pour sa vie entière. S'il n'a rien produit dans l'espace de cinq années, elle sera supprimée ' ». La proposition du poète était inadmissible pour plusieurs raisons. D'abord, comment apprécier qu'un livre a obtenu « l'admiration générale »? Il ne peut être question d'un plébiscite littéraire. Ce sera donc un jury qui décidera. Pour rester dans l'époque même d'A. de Vigny, ce jury sera-t-il romantique ou classique? S'il est l'un ou l'autre, il refusera sans pitié les œuvres de

Page 1