‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 221 sur 256 · Théâtre, t. I, p · texte numérisé non relu

Théâtre, t. I, p

raît tout à coup comme i)ar surprise ^ Y. Hugo a doue lui aussi traité des questions sociales; mais son goût dominant le porte ailleurs ; il a étudié de préférence les problèmes moraux.

V. Hugo a semblé quelquefois douter, par modestie, de la valeur littéraire de son théâtre, mais jamais de sa valeur morale : « Quant aux plaies et aux misères de l'humanité, toutes les fois qu'il les étalera dans le drame^ il tâchera de jeter sur ce que ces nudités-là auraient de trop odieux le voile d'une idée consolante et grave ~. » On comprend bien vite, en effet, que dans certains de ses drames le poète ne cherche pas uniquement l'intérêt psychologique, et qu'il développe une thèse, la thèse des Misérables : la courtisane innocente, sacrifiée par celui qui l'a séduite, se sacrifiant pour sa fille. Y. Hugo a vu l'occasion de plaider une cause, de discuter une question sociale : «■ On n'a pas beaucoup de pitié pour nous autres, dit la Tisbe, on a tort. On ne sait pas tout ce que nous avons souvent de vertu et de courage... A seize ans, je me suis trouvée sans pain. J'ai été ramassée dans la rue par des grands seigneurs. Je suis tombée d'une fange dans l'autre, la faim ou l'orgie. Je sais bien qu'on vous dit : mourez de faim ! mais j'ai bien souffert, va! ^ »

Sa première tentative de réhabilitation fut Marion Delorme.

Cette idée n'est pas un caprice chez Y. Hugo; c'est une obsession, et les rapprochements abondent dans

Page 1