‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 237 sur 256 · A. I, se. VI · texte numérisé non relu

A. I, se. VI

L'exemple le plus frappant de rinfluence irrésistible des novateurs, nous le trouvons chez celui dont on fit le rival, dont on voulut feire le vainqueur du romantisme, pour qui l'on inventa une école nouvelle, l'école du bon sens, c'est-à-dire, dans la pensée de la réac tion classique, juste le contraire du romantisme.

Ponsard était, au contraire, romantique dès sa jeunesse : il avait été enthousiaste, non seulement des idées nouvelles, mais encore de leurs représentants : « Celui de nous qui aurait pu voir Lamartine ou V. Hugo, celui qui aurait parlé à Dumas, à Mme Sand, à Balzac, à Janin, à A. de Musset, à Alphonse Karr, à toutes ces nouvelles gloires qui croissaient si vigoureusement sous les ardentes sympathies de la jeunesse, celui-là en aurait eu pour un mois entier à raconter sa merveilleuse aventure : « Tu l'as vu! il t'a parlé! que t'a-t-il dit? comment est-il fait? ' »

Aussi sa première œuvre n'a-t-elle de tragique que le titre. Elle était empruntée à l'histoire romaine comme les tragédies classiques : là s'arrêtait la ressemblance, et A. de Vigny avait raison de dire : « Toute la presse vient de louer Lucrèce pour ses qualités classiques, tandis que son succès vient précisément de ses qualités romantiques. Détails de la vie intime, et simplicité de langage •. » N'importe : Ponsard fut accaparé par les classiques, placé bon gré mal gré à leur tête, et poussé en avant contre le romantisme. Les partisans de V. Hugo crièrent à la coterie, à la réaction : Ponsard se décida alors à rompre avec les théories romantiques : « Je

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