‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 245 sur 256 · Revue de Paris, t. VII, p · texte numérisé non relu

Revue de Paris, t. VII, p

LE ROMANTISME DEVANT LA CRITK^UE !29l

Française formulait ainsi à son tour : « Il a cherché le triomphe de l'art, non le sien '. » V. Hugo, dès la Préface de Cromwell, pressentait l'avenir, et manifestait déjà une certaine défiance pour la critique : se rappelant la querelle du Gid -, il sentait bien qu'il ne serait pas plus épargné que Corneille; tout en faisant une avance polie aux critiques, il leur traçait ainsi leur devoir : a On comprendra bientôt généralement que les écrivains doivent être jugés... d'après les lois spéciales de leur organisation personnelle. On consentira, pour se rendre compte d'un ouvrage, à se placer au point de vue de l'auteur, à regarder le sujet avec ses yeux ^. »

Cette théorie de V. Hugo fut pleinement acceptée par les romantiques qui disaient : « Une pareille œuvre ne relève pas du sens commun, mais du sens poétique. Placez-vous au point de vue du poète..., laissez votre imagination subir le charme de la sienne, vous serez alors compétents pour le juger, vous l'admirerez ''. » J. Janin lui-même écrivait, à propos d'Angelo : « C'est du Shakspeare, dit la louange; — c'est du Pixérécourt! dit la critique... ; — c'est du V. Hugo! reprend la vraie et sage critique ^. »

Après tout, n'avaient-ils pas raison? La critique ne consiste-t-elle pas, d'abord à comprendre soi-même, ensuite à faire comprendre aux autres les défauts et les beautés d'une œuvre? Ne faut-il pas aussi avant

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