T. l,p. 4; X, p. -io
G. T. IV, p. 410.
8. u L'empereur le fit consul et vous l'avez fait honnête homme,
DE LA FIDKLITi'; HISTORIQUE 43
}3as (le riiistoire, et Corneille l'avoue lui-même lorsqu'il reconnaît que « le plus beau secret de la poésie est ringénieuse tissure des fictions avec la vérité ' ». Mais jusqu'où peut aller cette altération? Corneille est assez embarrassé pour fixer des limites précises. Plus le sujet est connu, plus on doit respecter l'histoire : si, même alors, le poète croit devoir ajouter quelque chose à la vérité des faits, il faut que ses inventions aient l'air aussi vraies que la vérité elle-même ~. On ne doit pas voir la soudure.
Par malheur^ non content d^accommoder aux besoins de sa tragédie les événements secondaires, Corneille a manqué plus gravement encore aux devoirs d'un véritable historien. Ce qu'il dit d'Héraclius, « une pièc(î d'invention sous des noms véritables '^ » peut se dire de presque tout son théâtre. Corneille est de l'avis de certains auditeurs '( qui mettent aisément l'histoire à quartier pour se plaire à la représentation '' ». Aussi aurait-il été fort surpris d'apprendre que « ce qui frappe son esprit et attire sa prédilection, c'est avant tout l'intérêt historique. Il met les grandes leçons politiques au-dessus des personnes, l'événement avec les enseignements moraux au-dessus de l'homme, les idées particulières d'un temps et d'un pays au-dessus des passions générales et sans caractère déterminé ^. » S'il
mais vous l'avez pu faire par les lois d'un art qui polit et orne la vérité. » Lettre du 17 janvier 1643.