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5. Le Grand Corneille historien, p. 11, par M. E. Desjardins.
en était ainsi, Corneille serait bien un historien, mais il ne serait pins un dramaturge, et nous y perdrions. Mais « les idées particulières d'un temps et d'un pays » ne sont pas plus fidèlement reproduites, dans son théâtre, que les événements. Corneille reconnaît que « les mœurs doivent être convenables. . . , le poète doit considérer. . . le pays de ceux qu'il introduit ^ » ; il veut qu'un Romain parle en Romain : dans Sophonisbe, il se loue surtout d'avoir su observer « la fidélité avec laquelle nous devons conserver, à ces vieux illustres, ces caractères de leur temps, de leur nation et de leur humeur '' ».
Sans doute le peuple romain a eu son caractère, variant un peu avec les époques ; avant que Montesquieu l'eût tracé. Corneille pouvait le connaître ; mais l'a-t-il vu bien nettement? Ne s'en faisait-il pas une idée subjective? Cette grandeur uniforme qu'il prête à tous ses héros romains est plus cornélienne que romaine. Corneille n'a reproduit ni le caractère général des peuples, ni les caractères particuliers des personnages dont il suit l'histoire. Il se vante, lorsqu'il prétend ne pas « efféminer ses héros par une docte et sublime complaisance au goût de nos déhcats », dût-on reprendre en lui « une ignorante et basse affectation de les faire ressembler aux originaux qui en sont venus jusqu'à nous^ ». Mais, tout en se vantant de conserver les caractères tels qu'ils sont dans Tite-Live, il reconnaît qu'il leur prête un peu d'amour ^ C'est là le vice fon-