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DE LA FIDÉf.ITÉ IIISTORIQUR 45
dameiital, au point de vue historique, de presque tous SCS personnages romains. Sans doute il y eut à Rome un instant une société très raffinée, très élégante, divisée en petites coteries ^ ; le tout Rome d'alors ressemblait un peu à la haute société du xvu" siècle; comme elle, il aime les causeries, les médisances et les anecdotes : comme elle, il abrite mal plus d'une intrigue; l'indiscrétion est une demi-vertu mondaine, et les femmes jouent dans cette société nouvelle, fondée par le désœuvrement politique, un rôle important; tel consul doit sa fortune à la protection de grandes dames qui ne sont plus des matrones : mais l'amour est loin d'avoir l'influence qu'il aura au xvu' siècle dans la vie réelle et dans les tragédies de Corneille : la maxime d'Euphorbe « l'amour rend tout permis- », suivie par Turenne lui-même dans un moment d'égarement , n'est pas encore admise par les Romains du siècle d'Au2ruste.
Corneille n'a donc pas fait ce qu'il voulait faire, c'est-à-dire de l'histoire dramatisée. Il ne nous a pas indiqué sa méthode de travail; mais d est bien à supposer qu'd n'écrivait pas ses pièces l'œil fixé sur les textes. Si d'abord le grand artiste essayait de reproduire le type historique de son héros, bientôt il cessait de copier d'après nature; la fougue l'emportait , et sous son pinceau bientôt apparaissait une nouvelle figure, tout originale, gardant du modèle une ressemblance lointaine , affaiblie. Dans cette métempsychose littéraire , le poète , comme il s'en