‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 35 sur 256 · La principale chose, etc., t. II, p · texte numérisé non relu

La principale chose, etc., t. II, p

pour lui trouver un petit ragoût de sensualité orientale.

A quoi bon pousser plus loin ces remarques? Mithridate n'a-t-il pas la grandeur cornélienne avec la vérité histori({ue en plus ^ ?

En résumé, il est également faux de prétendre que les héros de Racine n'ont pas été un peth naturalisés français^ et de soutenir que cette élégance raffinée de langage et de mœurs leur enlève toute ressemblance avec les originaux. Racine a tracé ses caractères antiques avec une main moderne, mais c'est tout; et M. Taine, qui va plus loin, semble introduire en littérature une sorte de déterminisme inconciliable avec la liberté du génie. Sa théorie de l'influence du milieu organique sur les esprits -, vraie pour les simples talents, est fiiusse pour les génies : ceux-ci dominent leur époque, ne subissent son influence pour ainsi dire que par leurs racines. Dans cette résurrection qui s'appelle une tragédie de Racine, les personnages reparaissent entiers; mais, avant de les présenter à Versailles, le poète, d'une main légère, essuie un peu la poussière des siècles sur les armures, et donne quelques leçons de maintien à ses héros, sans en faire des petits-maîtres. C'est comme un vieux tableau dont on a ravivé les couleurs.

C'est fort suffisant pour la scène. Ne faisons pas la faute d'écouter une tragédie comme nous lirions une

1. « Il n'y a guère d'aclions éclatantes dans la vie de Mitliridate, qui n'aient trouvé place dans ma tragédie. » T. III, p. 16. iNous ne dirons rien de l'exactitude de Racine, dans ses pièces religieuses; ce n'est plus (idélilé d'iiistorien , mais scrupule de chrétien. Pour juger la valeur historique iVEstlun' et cVAthalle, il faudrait d'abord critiquer Jes textes que Racine a imités. Cela sort de notre compétence.

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