‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 41 sur 256 · Molière · texte numérisé non relu

Molière

...d'un hoquet éternel sépare ses paroles.

{Impromptu de Vhùtel de Condé, cité par M. Marty-Lavcaux, t. IV, p. 6.)

4. Racine semble avoir reconnu cette supériorité de Corneille : « Corneille fait des vers cent fois plus beaux que les miens. '> (T. I, p. 293.)

demandaient pas : que va-t-il se passer? mais, « que vont-ils se dire? ^ ».

Le dialogue peu coupé, cet échange de discours qur n'est pas tout à fait la vraie conversation, ne paraissaitil pas un peu long, et, sans fatiguer l'attention, n'affaiblissait-il pas l'émotion? Nous avons déjà parlé de cette patience d'écouter qui distinguait les mondains d'alors : sans doute on la retrouvait au théâtre chez le public, chez les acteurs; ceux-ci devaient écouter comme on le fait dans un salon, sans souligner, sans faire des gestes. Le jeu moderne est un contre-sens, et Corneille aurait peut-être protesté contre la façon dont Rachel écoutait le récit de Valère.

Je me représente volontiers le public contemporain de Corneille, attentif, mais calme; un murmure discret aux beaux passages, quelques larmes chez les plus exaltés, et c'est tout. Il faudrait se garder de prêter à tous les spectateurs l'enthousiasme de Mme de Sévigné ^. Remarquons que chez elle l'admiration grandit à mesure que l'admiratrice vieillit. Corneille a été le poète de sa jeunesse, elle a vécu un instant la vie de ses.

i. (c J'ai remarqué aux premières représentations qu'alors que ce mallieureux amant se présentait devant elle, il s'élevait un certain frémissement dans l'assemblée qui marquait une curiosité merveilleuse, et un redoublement d'attention pour ce qu'ils avaient à se dire dans un état si pitoyable. « T. III, p. 94.

2. Voici pourtant un témoignage contraire : « Le spectateur espèreet craint pour eux; il se réjouit et s'afflige avec eux... il ressent toujours, quand ils paraissent, quelque émotion d'esprit ou quelque passion selon l'état présent des affaires. » (D'Aubignac, Pratique du théâtre, 1. IV, ch. 1.) Mais, tout cela, est-ce de l'émotion? IN'est-ce pas tout auplus l'intérêt qu'exciterait un roman? Ces spectateurs sont bien naïfs, du reste : « J'ai vu dans cette occasion... une jeune fille dire à sa mère qu'il fallait avertir Pyrame que sa maîtresse n'était pas morte, quand il va se tuer, la croyant morte. » {Ibid., ch. vi.)

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