INTÉRÊT DE LA TRAGÉDIF
héroïnes; elle se rappelait qu'elle avait été un instant Chiniène, qui sait, Pauline même? (sa petite-fille s'appelait ainsi \]. On comprend donc sa facilité d'émotion aux pièces de Corneille.
Enfin, quels étaient ces passages qui a enlevaient » le public? Est-ce ceux que nous applaudissons maintenant, les tirades héroïques, les vers cornéliens? Écoutons la-dessus un auditeur plus calme et moins partial «[ue Mme de Sévigné : le prince de Gonti écrit à propos de Rodrigue : <( Si l'histoire le considère davantage par le nom de Gid et par ses exploits contre les Mores, la Gomédie l'estime beaucoup plus pour sa passion pour Ghimène et par ses deux combats particuliers : le récit mesme de la défaite des Mores y est fort ennuyeux -. »
Pour Ginna la remarque est plus piquante encore : « Y a-t-il personne qui ne songe plus tost à se récréer en voyant jouer Ginna sur toutes les choses tendres et passionnées qu'il dit à Emilie, et sur toutes celles qu'elle luy respond, que sur la Glémence d'Auguste, à laquelle on pense peu, et dont aucun des spectateurs n'a jamais songé à faire l'éloge en sortant de la Gomédie'^ ».
Enfin un dernier renseignement très probant, puisqu'il est fourni par un dévot, donne raison à Voltaire '' :
« En vérité, y a-t-il rien de plus sec et de moins agréable que ce qui est de saint dans cet ouvrage?
1. « Par élégance romanesque elle Tappelait Pauline.» Saint-Simon, t. ni, p. 394 (coll. Hachette).
2. Traité de la comédie et des spectacles. Éd. K. Wollmoller, p. 19.