‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 43 sur 256 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4'. De Polyeucte la belle âme

Aurait faiblement attendri, etc.

Y a-t-il rien de plus délicat et de plus passionné que ce qu'il y a de prophane ? Y a-t-il personne qui ne soit mdle fois plus touché de l'affliction de Sévère lorsqu'il trouve Pauline mariée, que du martyre de Polieucte? Il ne faut qu'un peu de bonne foy pour tomber d'accord de ce que je dis \ »

Trouve-t-on suspect, en matière de théâtre, le jugement d'un dévot? Écoutons le sceptique Saint-Évremond : « Ce qui eût fait un beau sermon, faisait une misérable tragédie, si les entretiens de Pauhne et de Sévère, animés d'autres sentiments et d'autres passions, n'eussent conservé à l'auteur la réputation que les vertus chrétiennes de nos martyrs lui eussent ôtée -. »

Ainsi donc, les spectateurs d'alors ne s'extasiaient guère sur ce que nous trouvons aujourd'hui admirable dans Corneille. Les analyses psychologiques leur plaisaient plus que les coups de théâtre; ils préféraient l'amour aux autres passions, et pour une raison très simple : l'amour au théâtre émeut plus que tout le reste; tandis qu'on lutte contrôles émotions fortes ou pénibles, et que souvent on échappe aux larmes par un rire nerveux, on se laisse aller plus facilement à l'illusion, pour une scène d'amour. Aussi, quand l'amour ardent et jeune de Rodrigue, la passion forte et plus virile de Sévère eurent fait place aux tirades froides d'un César ou d'un Antiochus, le public devint fort tiède, et il fallait tout l'aveuglement d'un vieux fidèle pour trouver dans le silence attristé des spectateurs un enthousiasme contenu ^

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