‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 59 sur 256 · Bc rAUcmayne, p · texte numérisé non relu

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qu'oïl lui (loiiue des besoins factices; reprenant les arguments de Molière ', il montre que des spectateurs, prévenus en faveur des règles, ne peuvent plus juger impartialement, « car, recevoir l'impression pure et franche des ouvrages de l'art, se prêter à ce qu'ils peuvent offrir de vrai et beau, indépendamment de toute théorie, est un effort bien difficile et bien rare pour ceux qui en ont une fois adopté une ~ ».

Or, pourquoi sacrifier des beautés originales aux avantages contestables des règles? On peut déjà se demander si l'action profite des unités de temps et de lieu. Mauzoni va plus loin, et prouve qu'elles nuisent à la vérité historique, les événements réels se passant rarement en vingt-quatre heures et en un seul lieu 'K Elles faussent la vérité psychologique; car, pour ftiire agir les héros de théâtre plus rapidement que les hommes, il faut ou donner aux passions qui les animent une énergie factice '', ou employer presque uniquement la plus forte de toutes, l'amour, qu'il n'est pas nécessaire d'exagérer, pour en faire une passion théâtrale ^\ Pourtant l'amour lui-même ne devient-il pas quelquefois, dans la tragédie française, tyrannique jusqu'à la brutalité, singulier jusqu'à la monstruosité? Et Manzoni le prouve par une analyse extrêmement curieuse d'Andromaque*'.

Sa conclusion est qu'il faut se défier des lois géné-

1. Critique de V École des femmes, se. vu : « Vous êtes de plaisantes gens avec vos règles, etc. »

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