Racine et Shakspeare, p
Certaines théories personnelles à Stendhal sont fort contestables. 11 serait imprudent de prendre au sérieux sa i;rande définition des deux genres ennemis : « Le romanticisme est l'art de présenter aux peuples les œuvres littéraires qui, dans l'état actuel de leurs habitudes et de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir possible. Le classicisme, au contraire, leur présente la littérature qui donnait le plus grand plaisir à leurs arrière-grands-pères '.»
Stendhal n'apporte en réalité que deux idées justes et nouvelles - : en général, <( il faut que chaque peuple ait une littérature particulière et modelée sur son caractère particulier, comme chacun de nous porte un habit modelé pour sa taille particulière ^ » ; en particulier, il prétend que « les courts moments d'illusion parfaite se trouvent plus souvent dans les tragédies de Shakspeare que dans les tragédies de Racine '' », et que l'on doit à l'avenir travailler à multiplier ces instants d'illusion ■'.
VoUà quelque chose, mais en fin de compte c'est bien peu; car nous n'avons plus à signaler que des théories fausses ou des prophéties manquées.
Pour le passé, Stendhal attaque la psychologie de Racine, moins finement que le critique italien °; pour l'avenir, il n'admet pas le mélange du tragique et du