‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 64 sur 256 · Revue française, t. IV, p · texte numérisé non relu

Revue française, t. IV, p

porter pour pouvoir crier victoire : « Ce que le public veut, c'est une pensée dramatique en harmonie avec le moment présent, avec la disposition des esprits '. »

Déjà quelques idées, jusque-là confuses, commencent à se préciser : en présence de l'art pompeux du xvn^ siècle, on éprouve le besoin de la simplicité, et même on rêve déjà le mélange des deux tons : « La liberté des sentiments et des idées, celle qui permet de s'élever au sublime pour redescendre au familier... d'unir le tragique au ridicule... manque plus que toute autre à l'école française. Ce doit être sa première conquête -. » On pourrait multiplier les citations de ce genre, parce que les idées nouvelles sont alors dispersées partout : c'est leur force et leur fai])lesse. Elles sont populaires, mais elles ne sont pas concentrées. Tandis que les classiques ont un corps de doctrine, un credo et une orthodoxie littéraire, l'Art poétique de Boileau, les romantiques n'ont que des articles de journaux, de revues, quelques pages de livres. Dans ce désarroi on alla jusqu'à refaire le Uvre de Boileau « à l'usage du xix*" siècle ^ » .

C'était insuffisant ; de plus il fallait se hâter ; en France, la foule s'impatiente vite; elle pourrait se lasser de ces apôtres qui s'agitent et n'aboutissent pas : (( Le pubhc attend, peut-être avec plus de curiosité que d'espérance : enfin les esprits sont en mouvement. La littérature est à la veille d'un dix-huit Brumaire. Mais

i. Rrviie française^ t. X, p. 59.

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