Préface, p
drame ^ ». Le spectateur ne perdra rien à ce mélange : « Que fait-on, en effet, maintenant? On divise les jouissances du spectateur en deux parts bien tranchées. On lui donne d'aljord deux heures de plaisir sérieux, puis une heure de plaisir folâtre...; que ferait le drame romantique? 11 broierait et mêlerait artistement ces deux plaisirs ^. »
Ce mélange d'éléments disparates devient une règle, même i)our les caractères ; au lieu de chercher l'intérêt psychologique dans la simphcité, d'imposer au besoin à un personnage de l'histoire une unité morale qu'il n'avait pas, le dramaturge romantique doit s'efforcer de reproduire la complexité des caractères réels, avec leurs contradictions, leurs faiblesses, leur mélange de grandeur et de petitesse, « car les hommes de génie, si grands qu'ils soient, ont toujours en eux leur bête, qui parodie leur intelligence. C'est par là qu'ils touchent à l'humanité, car c'est par là qu'ils sont dramatiques ^. »
Il semble que V. Hugo recommande cette variété dans les caractères, par respect pour la réalité historique. Ses idées, pourtant, sur la fidélité à l'histoire sont loin d'être arrêtées. Sans doute il prétend que le drame doit être une résurrection : il faut que l'auteur « interroge les chroniques, s'étudie à reproduire la réalité des faits, surtout celle des mœurs et des caractères, bien moins léguée au doute et à la contradiction que les fixits ^ » .