‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 78 sur 256 · Cyprien Desmarais, cité par le Globe, 11 juin 182o · texte numérisé non relu

Cyprien Desmarais, cité par le Globe, 11 juin 182o

se faisaient pas faute de le vanter, comme le seul maître. C'est même à ce moment que commence la naturalisation du poète anglais en France. Mais Shakspeare n'était pas encore Français : c'était un fils de « la perfide Albion ». On ne pouvait donc tout au plus que le mettre sur le même rang que Racine. Le Globe lui-même n'aurait jamais admis qu'en face de Shakspeare Racine n'était qu'un polisson : « Ne sacrifions point Shakspeare à Racine, ni Racine à Shakspeare : ce sont deux puissants dieux. Pourquoi en faire des dieux ennemis *? » De plus, l'œuvre de Shakspeare était conçue en dehors des règles : il fallait quelque chose qui fût fait directement contre les règles : «. Dirigeons tous nos efforts contre ces retranchements. Que la règle des unités, la séparation des genres... s'écroulent l'une après l'autre sous les coups du bon sens; et, maîtres de la place, nous n'aurons plus qu'à entonner le 7e Deum d'usage. Ce sera au génie à faire le reste ~. » Mais on était encore fort loin de ce Te Deiun^ et les romantiques avaient beau se demander :

Qui de nous, qui de nous va devenir un dieu?

Ou encore : « Ne paraîtra-t-il pas, ce réformateur de la scène française? ^ » Rien ne paraissait. En attendant le génie espéré, on prit ce qu'on trouva. Pour battre en brèche la règle des vingt-quatre heures, on fit « Julien ou Vingt-cinq ans d'entracte '. » A ce moment, on a

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