‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 83 sur 256 · A. II, se. X · texte numérisé non relu

A. II, se. X

règle lie renjaiiibement. Ce fut là leur plus réelle innovation. A. de Vigny prétendait que si Racine « eût été forcé de mettre sur la scène tragique un sujet tout moderne..., il eut rompu le balancement régulier et monotone du vers alexandrin par l'enjambement d'un vers sur l'autre ^ ».

Ce n'était pas seulement pour faire autre chose que les classiques : le but était plus positif. Les romantiques voulaient pouvoir tout dire, faire annoncer par exemple, « avec un seul vers alexandrin,

Madame la duchesse de Montmorency -. »

Il ftillait donner au vers l'allure libre de la prose, le naturel du style parlé : « Du moment où le naturel s'est fait jour dans le langage théâtral, il lui a fallu un vers qui pût se parler ^. »

Il y eut même d'abord excès, comme il arrive dans toutes les réformes qui ne sont pas instinctives, mais voulues; des enjambements trop fréquents font des vers une prose mal coupée, sans harmonie :

Son père alors m'aimait, et très souvent M'invitait; nous pariions de ma vie, en suivant Par année et par jour, les sièges, les batailles Les désastres sur mer, les vastes funérailles

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