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3. Lettre de V. Hugo à Tennint. Ces idées sont justes : l'enjambement donne de la facilité au vers; je ne vois qu'une restriction à faire : l'enjambement n'est admissible qu'avec les vers se terminant par une rime masculine, ou par une rime féminine au singulier s'élidanl devant le vers suivant commençant par une voyelle : sinon, la syllabe muette de la rime féminine reprendrait sa valeur, et les deux vers réunis auraient vingt-cinq pieds et non vingt-quatre.
OÙ je m'étais trouvé : je parcourai les temps De mes plus grands périls, et ces rudes instants Où la mort en passant nous effleure la tête; Je lui disais comment je devins la conquête D'un barbare ennemi, etc. i
Ou mieux encore, dans Christine :
Vous êtes cinq en tout; cortège respectable
Pour une majesté d'hier. — J'ai sur ma table
Oublié mon écrin; allez mêle quérir,
Paulo. — Voyons, messieurs, nous allons donc courir
Le monde, et visiter d'abord Rome, la France
Après ^.
Tout cela est de la prose rimée ; il faut, pour éviter ces excès, une oreille de poète. Victor Hugo, par exemple, n'a pas, dans tout Hernani, employé l'enjambement plus de soixante fois. Dans de pareilles proportions, ce procédé cesse d'être un danger pour l'harmonie du vers; d'autre part, il a un avantage : il permet de supprimer presque complètement l'inversion.
En effet, sauf Dumas, le moins poète des trois, et qui ne craint pas d'écrire :
Mais ce que n'ont point France, Italie, Angleterre, Voyez, Steinberg, ce sont, à la démarche austère. Ces quatre grands vieillards qui s'avancent vers moi ^.
OU encore
Je suis le roi Christine. — Et, dites^moi, plus fort Mon trône a-t-il pesé sur vous de cet effort *,
i. More de Vimisf, a. I, se. viii.