Prosodie, p
nous à cause de la rime. Nous pouvions maintenant, nous aussi, introduire ce que A. de Vigny appelait, d'un mot assez heureux, le mélange du récitatif et du chant : « Un drame ne présentera jamais au peuple que des personnages réunis pour se parler de leurs afïtiires : ils doivent donc parler. Que l'on fasse pour eux ce récitatif simple et franc, dont Molière est le plus beau modèle dans notre langue; lorsque la passion et le malheur viendront animer leur cœur, élever leurs pensées, que le vers s'élève un moment jusqu'à ces mouvements sublimes de la passion qui semblent un chanta tant ils emportent nos âmes hors de nousmêmes *. » Il disait encore : « Il fallait... détendre le
vers alexandrin jusqu'à la négligence la plus familière (le récitatif), puis le remonter jusqu'au lyrisme le plus haut (le chant) -. »
Les exemples heureux de ce mélange abondent dans le drame romantique : pour n'en citer qu'un seul, prenons-le dans le moins lyrique de nos trois poètes ^ :
CUARLES VU
Alain Chartier souvent m'a parlé d'un pays
A l'Orient, bien loin, où le roi saint Louis
Est allé guerroyer.... tu te souviens, esclave,
D'un roi qui vous vainquit, d'un roi pieux et brave?
YAQOLB
Mon aïeul à mon père a raconté qu'un jour Un chef nazaréen, au port d'Abou-Mandour
d. Théâtre, t. II, p. 82.