Antony, a. IV, se. vi
Adèle? le farouche amoureux s'exclame : « Oh ! malédiction sur le monde qui vient me chercher jusqu'ici! ^ » A une aimable coquette qui lui demande combien de fois il a aimé, il répond : « Demandez à un cadavre combien de fois il a vécu... ~ », ce qui n'empêche pas son interlocutrice de lui trouver le caractère gai. Un notaire lui refuse un renseignement : « Malédiction sur .lui! et que sa mère meure! ^)> — « Enfer! » s'écrie-t-il devant une porte qui ne s'ouvre pas à sa convenance. Du resle ces exclamations ne représentent aucune idée, car le même sceptique qui vient de railler les « rêves » religieux d'une femme, ajoute dans la même minute « Béni soit Dieu! », et « Perdre mon âme pour si peu! Satan en rirait ! '* »
Gennaro, prié de dire la vérité, et n'ayant qu'à répondre oui ou non, commence par une tirade : « Les pêcheurs de Galabre qui m'ont élevé, et qui m'ont trempé tout jeune dans la mer pour me rendre fort et hardi, m'ont enseigné cette maxime, avec laquelle on peut risquer souvent sa vie, jamais son honneur : Fais ce que tu dis, dis ce que tu fais ^. »
Les plus minces personnages parlent avec la même redondance : « As-tu un poignard, demande le duc d'Esté à un spadassin. — H y a deux choses qu'il n'est pas aisé de trouver sous le ciel, c'est un Italien sans poignard, et une Italienne sans amant ^. » Pour faire comprendre