‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 95 sur 256 · Ibld.^ a. I, se. ii · texte numérisé non relu

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âme, mais tu n'as pas le droit d'en perdre deux. Or, il y en a une qui s'est attachée à la tienne, et que ton infortune vient d'attirer, comme les Écossais disent que la paille attire le diamant radieux \ »

Outre ce premier défaut, capital, menaçant pour l'immortalité de l'œuvre, un second apparaît, menaçant pour le genre lui-même. Si l'on traite en prose un sujet auquel conviendrait le vers, n'est-ce pas par cette faiblesse qui pousse à se contenter du moindre effort ? On préfère la prose à cause de sa facilité relative. Les négligences, les incorrections, les fautes de français même, insupportables en vers, et par cela môme rares en poésie, passent ainsi plus facilement, surtout à l'audition : n'y a-t-il pas là une tentation pour le dramaturge, un relâchement possible dans sa sévérité de style? Ces faiblesses sont sans doute rares dans les drames en prose de V. Hugo et d'A. de Vigny, écrivains scrupuleux ^. Elles sont déjà plus nombreuses chez A. Dumas, qui com-

1. Chatterton, a. HI, se. ii. Les images d'A. de Vigny ne sont pas toujours iieureuses : « Ces perles, si ieniement formées, et si peu achetées, ne sauraient donc faire vivre l'ouvrier qui les couve dans son sein, au fond de ses solitudes sacrées. » (Journal^ p. 405.)

2. Dans les drames en prose de V. Hugo, je n'ai trouvé qu'une incorrection M A peine ai-je été tombée », Brame, t. III, p. 245, et dans ses œuvres en vers :

Tenez, c'est à ce point qu'il n'est rien que j'oublie.

[Drame, t. II, p. 144.)

Être choisi d'un peuple à venger son afTront.

[Poésie, t. II, p. 307.)

11 y grava son nom, afin qu'on s'en souvienne.

[Poésie, t. VII, p. 278.)

Dans A. de Vigny : « Attendez seulement un jour pour penser à votre àme. » — « Il n'y a rien que je n'aie pensé. » {Théâtre^ \. I,

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mence la décadence littéraire du loiiuuitisme. On regrette de trouver trop souvent dans son théâtre des phrases comme celles-ci : « De tous ceux qui s'abreuvent du sein d'une majesté, la favorite est la plus à plaindre ^ » ; « Le duc est bien puissant, madame... cependant mes actions sont une monnaie que je défie de frapper au coin de sa volonté lorsque cette volonté ne sera pas la mienne - » ; — « Il y a une région de mon cœur où n'a jamais retenti le nom de mon père ^ » ; — « Dix-huit ans! Oh! c'est bien cela!., la première pulsation de l'amour... le premier éveil de la passion..., le premier son argentin du bonheur dans le clavier vierge de l'imagination '' » ; — « Si j'étais sûr que la Providence ne prît quelquefois le nom de hasard, je me fierais à cette sainte fille de notre religion... ^ »

Quelquefois l'incorrection va jusqu'à la faute de français : « Vous me paraissiez né pour tous les rangs... je n'osais rien spécialiser à l'homme qui me paraissait capable de parvenir à tout *^ » ; — a Oh ! si vous n'avez pas amour de moi, ayez pitié de moi " » ; — « Celle dont le prince a fait choix est, à ce qu'il paraît, de mœurs très sévères... le prince en résulte qu'il faut sauver les apparences *. »

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