‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 98 sur 256 · Burgraves, III^ partie, se. m · texte numérisé non relu

Burgraves, III^ partie, se. m

ni par A. de Vigny, ni par Dumas, ni par V. Hugo luimême. Seulement la tirade n'est plus un discours ou plutôt une dissertation psychologique sur des nuances de passion. Sauf de rares situations, où il est naturel que, l'un des deux interlocuteurs préférant se taire, l'autre parle longtemps d'une passion qui déborde en lui, par exemple le couplet du vieillard amoureux et jaloux, dans Hernani ', et peut-être l'invocation du proscrit à ses compagnons morts -; sauf enfin la prière de Marion Delorme à Louis XIII ", nous ne voyons pas dans tout le drame romantique une seule tirade qui ne soit aussi conventionnelle que celles de la tragédie. Ce sont de fort beaux morceaux oratoires, très brillants, mais qui ne perdraient rien à être transportés dans une anthologie : ils ne font pas corps avec la pièce. Nous citerons la conférence faite par la reine de Suède sur les droits du génie '\ la mercuriale de don Ruy Gomez à don Carlos et à Hernani ^, sa philippique au même Hernani '^, le réquisitoire d'Antony contre la^société ', la harangue de maître Picard ^. Le défaut de ces longs discours est leur invraisemblance : ils supposent chez l'interlocuteur une patience que le spectateur n'a pas lui-même; surtout,

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