CULTURE DES POMMES DANS L'ONTARIO
Il y a quarante ans, le cultivateur de l'Ontario écoulait facilement les fruits de son verger sur les marchés locaux, et aucune partie de la ferme ne rapportait plus que le verger proportionnellement à la dépense d'argent et de travail. Les nouveaux colons qui s’établirent dans la province suivirent la pratique, commune alors, de planter des arbres fruitiers et, avec le temps, on en vint à considérer la plantation d'un verger, dans l'établissement d’une ferme, comme une chose aussi essentielle que le défrichement de 1: terre. On choisissait les variétés de façon à répartir la production pendant toute ” saison, depuis la moisson jus: 1’à l'hiver, On y ajoutait toujours quelques nouveaut :, à la requête des vendeurs d'arbres, dont les méthodes étaient souvent sujettes à caution.
Il en résulta un grand mélange de variétés, mais néanmoins chaque ferme avait son verger.
C'est ainsi que s’établirent, durant un quart de siècle, dans les parties Sud et Ouest d’Ontario, les nombreux petits vergers qui comptent aujourd’hui au total de 6,000,000 à 7,000,000 d'arbres productifs. Les variétés n'avaient pas été choisies avec soin, et les propriétaires n'étaient pas très experts dans la culture des pommes, les revenus de cette industrie n'étant pas assez importants pour les encourager a s’y spécialiser. D'autre part, les conditions naturelles étaient très favorables ; les insectes et les maladies fongueuses n'étaient pas très nombreux au début, et tant que les marchés locaux absorbèrent toute la production, on considérait le grand nombre des variétés comme avantage, Cependant, vers les années 1865-1870, la surproduction commença à se faire sentir, et durant les cinq années qui suivirent, surtout dans les milliers de vergers à quelque distance des grandes villes, la valeur des pommes devint presque nulle.