VALEUR DE L'ORGANISATION
Le cultivateur prospère qui vend toujours à de meilleurs prix que son voisin moins habile, hésite parfois à s'associer avec lui. Il lui semble que le mélange de ses fruits avec ceux de son voisins résultera en une perte pour lui-même. Il n'en est pas toujours ainsi. En effet, son voisin, moins entreprenant, qui ne connait pas le commerce, qui ignore peut être les mérites relatifs de ses propres produits, est une proie facile pour l'acheteur habile et vend ses pommes souvent au-dessous de leur valeur. Après quelques transactions de ce genre, il devient presque impossible aux meilleurs vendeurs d’ob. tenir des prix convenables. Tout cultivateur au courant des choses a eu des expériences de ce genre, qui démontrent d’une façon évidente que le seul moyen d'obtenir des prix convenables est de s’en remettre autant que possible pour la vente à des vendeurs exp+rimentés. De cette façon les cultivateurs qui n'ont pas d'instincts commerciaux sont protégés contr: les manœuvres subtiles de l'acheteur de pommes, et le meilleur vendeur pourra obtenir les plus hauts prix.
Les membre; de l'Association co-opérative d'Ontario ont vendu, en 1900, la plus grande partie de leur récolte à $2.25 par baril. Bien d’autres producteurs non associés, n'ont pas réussi du tout à vendre leurs variétés hâtives, et sur toutes ventes qu'ils ont faites ils n'ont pas obtenu plus de $1.00 par baril, soit l'équivalent de *1.50 franco bord. Un acheteur de pommes dit avoir acheté 2,000 barils dans l'Ontario-sud à 50 cents par baril. Ceci ne s'explique que par un manque d'organisation de la part ‘ies producteurs.