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et la Gueldre. Cet acte est du 18 janvier 1501 (1). Philippe le Beau venait d'épouser Jeanne la Folle, il avait besoin de communiquer avec ses États des Pays-Bas et avec son père, Maximilien [*". François de Taxis n’était pas formellement autorisé à transporter les correspondances des particuliers. Telle est la première ébauche d'organisation de service international. Il faut ajouter que de ce traité il ressort que, depuis 1500, François était à la tête du service des postes (2). |
Dès cette époque, ontrouye d’autres membres delamême famille dans les postes, notamment Gabriel à Innsbruck. Après la mort de Philippe le Beau, sous la régence de Marguerite d'Autriche, le service continua dans les mêmes conditions. En 1516, Charles [°" devenait roi d'Espagne, il y avait nécessité de réorganiser le transport des correspondances. C’est ce qu'il fit par un traité passé le 12 novembre 1516 (3) avec François de Taxis et son neveu Jean- Baptiste. Cet acte est un véritable traité, et non plus un simple acte unilatéral comme celui de 1506. Il est d’ailleurs sur ce dernier en notable progrès. Le service estaugmenté de lignes partant des Pays-Bas sur Vérone, Naples et Rome. La vitesse des courriers est accrue, les émoluments sensiblement réduits. Quant au transport des corres-
(4) V. Rübsam, op. cil., annexe 1, p. 173 et s. On peut consulter du même auteur : François de Taxis, le créateur de la posle moderne, et son neveu Jean-Baptiste (Union postale, 1891, p. 192; 1892, p. 195, 141, 157).
(2) M. Rübsam a victorieusement réfuté dans son livre la vieille opinion qui prétendait que la première poste avait été établie par François de Taxis en 1516, entre Vienne et Bruxelles. C'était là l'opinion de Mathias (op. cil., p. 105).
(3) V. le texte de l'accord dans Rübsam, /ohann-Baplisla von Taxis, p. 215.
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pondances privées il n'enestrien dit, mais on peut expliquer la réduction des émoluments par ce fait que déjà les postes des Taxisse chargeaient de ce service(1).11 y a d'ailleurs dans cet acte la constitution d'un véritable monopole postal. Ce monopole ne touchait toutefois aucunement les transports de ville à ville existant antérieurement. Dès l'origine, les Taxis s’occupèrent donc à peu près exclusivement des lignes internationales (2).
Jean-Baptiste de Taxis succéda à son oncle en 1517. Dans un acte de 1520, Charles-Quint le désigne comme «chief et maistre de noz postes, par tous noz royaumes, pays et seigneuries (3). » Les autres membres de la famille participaient aussi d’ailleurs au service postal. Gabriel, fils de Roger I°", paraît &ans un acte du 21 juin 1507 comme maître de poste à Innsbruck. Les frères de Jean-Baptiste: Maféo, Séraphin et David, de même. David servit de courrier impérial pendant la guerre de Charles-Quint contre Venise, il fut employé ensuite dans la Flandre. Le 27 février 1514 (4), Maximilien [° avaitgaranti parécrità Christophe de Taxis, à son fils Antoine et à ses frères Séraphin, Barthélemy et Jérémie, le service dans les possessions héréditaires de la maison d'Autriche. La charge de maitre général des postes d'Allemagne ne devint héréditaire dans la famille qu'en 1615, en vertu d’une concession faite par l’empereur Mathias par lettre féodale du 27 juillet à Lamoral de Taxis. Pour la poste des Pays-Bas la charge devint héréditaire à la même époque (5).
(1) Rübsam, Johann-Baptisla von Taxis, p. 210 ets. (2) V. notamment, pour la Belgique, l'article déjà cité de M. Wauters
(Union postale, 1882, p. 141).
(3) Rübsam, Johann-Baptisla von Taxis, p. 229. (4) Rübsam, ibid., p. 200.
(5) Mathias, op. cit., p. 106.
Donc, comme le fait remarquer l'historien allemand Rübsam, auquel nous avons emprunté la plupart de ces détails, dès les premières années du seizième siècle divers membres de cette famille s'étaient fortement implantés dans le transport des correspondances. François de Taxis régularisa et centralisa en quelque sorte le service ; il fut le premier qui conçut l'idée d’un véritable service public international reliant la cour de son souverain avec les autres cours de l'Europe. Les historiens allemands sont dithyrambiques quand ils parlent de lui. L'un d'eux va même jusqu’à le comparer à Christophe Colomb.Rübsam le traite d'homme de génie, de créateur d’une entreprise gigantesque il).
Il faut noter cependant que les circonstances de fait eurent là beaucoup d'influence et que les liens de parenté très étroits réunissant les divers Habsbourg furent une des causes de réussite. Puis, par là mème que Charles- Quint émit des prétentions à la monarchie universelle, les services des postes organisés par François et Jean- Baptiste de Taxis durent se poser dès le principe en véritables services internationaux, ou, pour mieux dire, en
services universels.
D'ailleurs, même après la division de l'empire de Charles-Quint, les Taxis continuèrent à s'occuper des postes dans les différents pays d'Allemagne, d'Espagne ou des Pays-Bas, et c’est vraiment alors qu'on peut parler de service international. De même qu'il y eut union très intime entre les Habsbourg d'Allemagne et ceux d'Espagne, de même il y eut très intime union entre les services des
Taxis établis dans ces divers pays.
(1) Rübsam, Johann-Baptisla von Taæis, p. 1, 2.
« Au commencement du dix-septième siècle, dit Rübsam (1), on trouvait dans presque toute l'Europe d'alors, exception faite de la France et de l'Angleterre, les courriers des Taxis. Dans les Pays-Bas, en Bourgogne (Franche-Comté) et dans le territoire de l'empire d'Allemagne, Léonard I*' est grand maître général des postes. Son fils Lamoral est à la tête de la poste impériale de Prague. Charles de Taxis, leur parent, avait le bureau de poste d’Anvers, et Octave de Taxis celui d'Augsbourg, avec la haute surveillance des postes d'Allemagne. Paul, Ferdinand et Lorenzo Bordognade Taxis participaient à l'administration des postes du Tyrol. Le grand maître des postes d'Espagne etdes possessionsitaliennes en dépendant était don Juan I°' de Taxis, et son fils, don JuanIl de Taxis deVillamediosa, en 1607. L'emploi de corriero major espagnol à Rome était confié à Antonio de Taxis. Le service des postes à Naples et en Sicile était entre les mains de la famille Capata apparentée à celle des Taxis. »
Il faut ajouter que ces chefs de poste ne se faisaient que, fort peu de concurrence, si ce n’est peut-être dans le Tyrol, où il y eut d'assez vives luttes, d'ailleurs vite terminées. Au contraire, ils s’entendaient et concluaient entre eux des traités ; on peut citer notamment celui du 9 février 1542 entre François IT, ses frères Raymond et Léonard d'une part et leur oncle Simon, maitre de poste à Milan, de l’autre, par lequel ils délimitaient leur domaine d’action particulier et la quote-part des taxes revenant à chacun.
En somme, si on considère tout cela, on acquiert l’idée qu'il y avait là comme une vaste entreprise privée gérant
(1) Rübsam, La poste internationale aux XVIe et XVIIe siècles
(Union postale, 1893, p. 10).