‹ De La Correspondance Postale et Télégraphique Dans Les Relations InternationalesChapitre 22 sur 78 · RETIRE · texte numérisé non relu

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n'est pas extrêmement difficile à expliquer. Les raisons de l’insuccès sont en quelque sorte les mêmes que celles qui avaient fait le succès de l'institution.

Le service créé par François et Jean-Baptiste de Taxis était en effet devenu un service international beaucoup plus par suite de circonstances accidentelles qu'en exécution d'un plan élaboré d'avance. Il avait été institué pour l’usage d’un souverain ou pour mieux dire d’une famille de souverains répandus aux extrémités de l'Europe. Il ne faut rien exagérer ; si on se reporte à la carte de l'Europe au seizième siècle, on voit l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie dusud,l’Allemagneréunis sous lesceptre du même homme; tout cela ne fait qu’un État et, à ce titre, la poste des Taxis à son origine ne semble guère différer de la poste royale de Louis XI. Tout au plus peut-on dire que le service de Louis XI se limitait aux frontières de son royaume, tandis que les courriers institués en 1504 et 1516 allaient à la cour du pape et à celle du roi de France. C'était à vrai dire au début le seul aspect international de l'institution.

Il n’en fut plus de même quand l'empire de Charles- Quint fut divisé entre son frère et son fils. Les postes de Taxis subsistant jouèrent dès ce moment le rôle de postes internationales. Mais ce rôle international fut borné au transport des correspondances d'un État ou d'un souverain à destination d’un autre État ou d'un autre souverain. Les Taxis ne parvinrent à peu près nulle part à s'emparer aussi des services internes (1); ils n’eurent pas en Europe le monopole du transport des correspondances internatio-

nales, puisque les offices de Franceet d'Angleterre avaient

(1) Les petits Etats allemands eurent, en effet, toujours une tendance à résister aux empiétements de la poste de Taxis. Franck, Histoire des postes allemandes (Union postale, 1878, p. 158).

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leurs courriers spéciaux. Ils n’arrivèrent même pas en Allemagne à posséder le transport exclusif des correspondances privées ou publiques entre les États allemands (1). Cela tient à deux causes.

D'abord, les services privés à l’intérieur des différents pays existaient depuis longtemps, ils avaient été fondés par des corporations de marchands ou par des communes dans l'intérêt du commerce. Ces messagers n'entendirent pas être dépouillés de leur industrie: de là des luttes, en Belgique surtout; de là ce résultat que dans ces pays les Taxis s’occupèrent avant tout des lignes à destination des pays étrangers.

En second lieu, il ne faut pas oublier queles seizième et dix-septième siècles sont les époques où les unités nationales se constituent un peu partout. La notion romaine de l’État revient en honneur. Chaque État se considère comme indépendant: on commence à parler de droits essentiels des États et chacun considère que permettre l’immixtion d'un autre dans quelque partie de son organisme administratif, ce serait laisser porter atteinte à son indépendance et à sa souveraineté (2). Cette tendance à l’exclusivisme fut encore augmentée par la conversion au protestantisme des pays allemands. L'église catholique est une institution internationale, son influence est par suite, très souvent, un heureux contrepoids aux tendances à l'État omnipotent. En Allemagne, cette influence disparut.

(1) Le Brandebourg et la Bavière eurent ainsi de bonne heure des courriers spéciaux.

(2) En voici un exemple typique. On voit le canton de Berne déclarer, le 10 février 1675, qu'il n’est pas moins souverain que les autres et qu'il peut bien, en conséquence, avoir un service postal à lui. (Commencement des posles en Suisse, Union postale, 1883, p. 146, 147).

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