‹ De La Correspondance Postale et Télégraphique Dans Les Relations InternationalesChapitre 25 sur 78 · PET EE · texte numérisé non relu

PET EE

1464 (1) traite de ce point « et afin que notre saint père le pape et autres princes étrangers, avec lesquels Sa Majesté a amitié et alliance... par le moyen desquels le passage est libre à leurs courriers et messagers... » C'était proclamer la liberté de passage de ces courriers; l’article 12 leur ordonne de prendre des passeports; l’article 13 soumet lettres et paquets à une visite « pour connaître s'il n'y a rien qui préjudicie au service du roy et qui contrevienne à ses édits et ordonnances. » Ceci n’est encore qu’un acte unilatéral, Un peu plus tard, en 1525, un décret portugais du ? août pose une règle analogue, en décidant que les courriers postaux, venant d'Espagne ou d’autres pays d'Europe, ne doivent entrer aucune correspondance sans passer par l'entremise du maitre général des postes, et sans payer une taxe (2).

Il n'y avait pas de service de transit, avons-nous dit, Les messagers allaient jusqu'à destination à travers des pays ne relevant pas de leur souverain. En 1533, Charles- Quint réorganisait le service entreles Pays-Bas et l'Espagne. François I lui proposa de laisser en France le transit des lettres échangées entre les deux pays, à la charge de l'administration française ; l’empereur refusa. Comme chaque État devait dès lors avoir affaire aux messagers étrangers, les traités avaient pour but de faire accorder à ceux-ci une certaine protection et, quand c'était possible, l'exemption de droits de douane ou de péages (3).

(1) Isambert, Anciennes lois, t. x, p. 484.

(2) Renseignements historiques sur les postes du royaume de Portugal (Union postale, 1893, p. 3).

(3) Au surplus, déjà au seizième siècle, les relations postales internationales étaient très actives. On peut en juger par de curieux itinéraires

postaux de cette époque (Union postale, 1889, p. 82, 93).

suGoREs

Au dix-septième siècle, les communications postales se développent encore. En 1601, nous rencontrons un traité passé entre le maître général des postes d'Espagne, don Juan de Taxis, et l'intendant des postes de France, Guillaume Fouquet de La Varenne {1}. Aux termes de ce traité, les dépêches d'Espagne pour l'Italie seront portées jusqu'à Irun, d’où le courrier français les transportera à Rome ; mais, à l'avant-dernier relai, ce courrier français remettra les dépêches espagnoles à un convoyeur des postes d'Espagne qui les portera à Rome, tandis que le courrier français continuera sa route avec les dépêches françaises seules. Il en sera de même pour les correspondances à destination de la Flandre (2). Ces dispositions sont à remarquer ; c’est la première fois que l'on voit les lettres et paquets remis à un office intermédiaire qui les transite

sur son territoire.

Cela devint vite la règle générale. Nous la retrouvons dans un « accord pour le règlement et la prompte expédition des postes » entre l'Angleterre et les provinces unies des Pays-Bas, du [1 avril 1661 (3). C’est encore un traité passé entre les maîtres des postes: Henri Bischop, maître des postes d'Angleterre, d’une part, et, d’autre part, les conseillers et bourgmestres d'Amsterdam et Jacob von der Heyden, maître des postes de quelques villes des

(1) Histoire des postes d'Espagne (Union postale, 1882, p. 73, 74).

(2) En ce qui concerne ces dernières, on cite un autre traité du 15 décembre 1660, décidant que le service français fera le transit des dépéches entre les villes de Paris et d'Irun. Il est spécifié (art. 7.) que les courriers à destination des ambassadeurs seront exempts de droits de port. Ce traité est rapporté dans l’Union postale, 1895, p. 145. Il est cité in extenso. D'ailleurs, il est porté comme étant dans le Recueil de Dumont, t. vr, 2, p.280. Nous ne l'y avons pas rencontré.

(3) Dumont, Recueil, t. vi,2, p. 355.

Rares

provinces unies. Henri Bischop se charge du transport maritime entre l'Angleterre et les provinces unies. Il apporte les lettres venant d'Angleterre à Amsterdam et prend celles à destination de l'Angleterre dans les bureaux d'échange. Il est rétribué pour ce service. Par contre, l’oflice hollandais se charge du transport des lettres d'Angleterre à destination de certains pays d'Europe méridionale ou orientale pour lesquels il a des services organisés ; il lui est payé pour cela un droit de 12 sols par once.

Une indication curieuse se trouve à la fin du traité : le port des lettres pour Amsterdam doit être réglé de façon à ne pas dépasser ce qu'on payait quand les lettres, au lieu de venir par un service direct d'Angleterre, venaient par Anvers. Ceci indique peut-être l'existence d'un traité postal passé antérieurement entre l'Angleterre et les Pays- Bas espagnols.

Un système assez voisin est établi dans un accord du 24 octobre 1669 (1, intervenu entre le marquis de Louvois, grand maître des courriers du roi de France, et les régents d'Amsterdam. Les lettres et dépêches de France sont portées par l'office français jusqu’à Cuypersmeer et là remises aux courriers hollandais. Il n’y a donc pas encore ici transit effectué par les courriers des Pays-Bas espagnols sur leur propre territoire.

Il y avait d’ailleurs d’autres services ; d’après un édit de mai 1630 (2), on constate qu'il existait alors un service de courriers entre Paris et Londres, Bruxelles et Anvers. En 1637, un service régulier de voitures de poste avait été établi entre Lyon et Genève. Ce service était en commu-

(1) Dumont, t. vir, 1, p. 124.

(2) Isambert, Anciennes lois, t. xv, p. 350.

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