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Il y à d’autres preuves de cette unification progressive. D'abord dès l’origine de la réglementation du service téléphonique, on a posé une base uniforme pour la taxe; la conversation decinq, puis de troisminutes {1}. Autre symptôme, l'établissementdu vocabulaire officiel des mots admis dans le langage convenu. Au surplus l'institution a rencontré de vives oppositions qui ont fini par retarder son application, mais ce retard ne peut pas être bien considérable (2).

Nousavons réservé pour la fin la dernière grande preuve de l'unification du service, la signature d’une convention fixe et immuable. Cela a été fait à Saint-Pétershourg. La convention de Saint-Pétersbourg est une déclaration de principes acceptée par tous et soustraite à toute modification ultérieure, Depuis lors ce qui a été remanié, ce sont les dispositions du règlement. On a dit de cette convention qu'elle était une sorte de charte des administrations télégraphiques ; l'expression rend bien l’idée, c'est une déclaration de principes très généraux, même un peu vagues, mais qui ne peuvent être immuables qu’à la condition de rester tels. Cette convention est la preuve par écrit de l'existence de l’union, c’est la reconnaissance par toutes

les administrations contractantes qu’en matière télégraphique elles croient aux mêmes principes et que, si elles diffèrent, ce n'est que sur les points de détail et d'application. C’est ce qui fait la grande importance de la conférence de Saint-Pétersbourg où cette convention a été

élaborée.

(1) On avait même proposé à Berlin d'établir un tarif uniforme, ais la proposition n’aboutit pas.

(2) Supra, p. 154, note 3.

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Tel est, dans ses grandes lignes, le travail fait dans les conférences télégraphiques. Il n’est pas absolument semblable à celui des congrès postaux.

Nous avons vu que la convention télégraphique de 1865 avait de beaucoup devancé l'union postale, parce que les services télégraphiques avaient eu moins à lutter que les services postaux contre la routine et les traditions administratives. C’est ce qui a fait aussi que très rapidement on à pu se mettre, en matière télégraphique, d'accord sur certains points qu'on à ainsi soustraits, à Saint- Pétersbourg, aux modifications périodiques. En matière postale, on n'en est pas encore là, précisément parce qu'on a toujours eu à lutter contre les vieilles traditions.

Par contre, il y a certaines réformes qui, dès le premier moment, ont été faites dans les congrès postaux, notamment l'unification des taxes. Pour lé télégraphe, l’uniformité de base dans la taxation ne date que de Leondres (1879) ou même de Berlin (1885) et on n’en est pas encore arrivé à l'unité de taxe.

Ceci s'explique par cette raison qu’en matière télégraphique on doit toujours tenir compte des nécessités pécuniaires. Le service s’est développé vite, il à nécessité des installations considérables entraînant des dépenses qu'il faut recouvrer ; aussi ne voit-on apparaitre que très rarement, dans les conférences, cette idée que le service est un service public et non un instrument de gain. Il y a encore cet autre motif que plusieurs services télégraphiques sont régis par des compagnies privées pour lesquelles la recherche d’un bénéfice s'impose.

Pour ces raisons, et il y en à encore quelques autres

plus secondaires, les diverses administrations télégraphiques ne sont point encore absolument habituées à ne pas considérer le service comme ne devant pas être une source de produits. C’est, en somme, cette recherche d’un service lucratif qui, au fond, a fait repousser bien des règles adoptées dans l'union postale. Notamment, en matière de responsabilité, c'est ce qui explique les vicissitudes de l'institution des télégrammes recommandés (1). Tout le monde, au contraire, dans le service postal, est d'accord pour donner, autant que possible, des garanties au public.

Ainsi, service postal international comme service téléoraphique international, tout en étant l'un et l’autre en voie de progrès certains, se trouvent arrêtés sur certains points dans la voie de l’unification et de la simplification. On peut dire, en résumé, que le plus grand obstacle à leur développement, c’est pour l’un l’ensemble des traditions des offices, et pour l’autre l’ensemble des nécessités fiscales. Pour l’un comme pour l’autre il y a là une con-

séquence de leur évolution historique.

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