‹ De La Correspondance Postale et Télégraphique Dans Les Relations InternationalesChapitre 6 sur 78 · ER PRE · texte numérisé non relu

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groupe a une organisation politique et sociale particulière, il forme un État. L'état social actuel est un état dans lequel il y a plusieurs de ces groupements politiques que l'on nomme des États, et tout individu relève de l’un quelconque de ceux-ci. A l'intérieur de chacun d'eux, la loi de coopération doit s'appliquer, mais elle ne doit point se restreindre aux frontières.

Il y a des frontières et des États distincts parce que, chez un certain nombre d'individus, il y a, par suite d'un rapprochement qui s’est fait entre eux plus anciennement, un ensemble de tendances, d'aspirations et de coutumes communes. Mais ce serait une erreur de croire que chaque État, chaque nation, puisse se replier sur lui-même, se restreindre entre ses frontières, sans que ses membres aient à entrer jamais en rapports avec les sujets de l’autre. La loi de coopération sociale est une loi universelle, universelle quant aux individus en ce sens qu'elle n’en laisse aucun qui ne soit soumis à elle, universelle aussi quant à l’espace, en ce sens que, pour bien des matières, elle neconnaît ni limites, ni frontières.

S'agissant du développement commercial ou économique, s’agissant du progrès dans l’ordre intellectuel ou moral, il serait nuisible, dans beaucoup de cas, que les individus citoyens de différents pays n’entrent point en rapport les uns avec les autres. Au point de vue économique, ceci peut n'être pas toujours vrai. Il y a des produits pour lesquels un État a intérêt à fermer ses marchés au reste du monde, mais ce sont là des considérations spéciales, Sans prendre parti sur la question de la protection ou du libre-échange, on peut pourtant parler de commerce intertional en ce sens qu'en général les sujets des différents États ont à entrer en rapports d'affaires les uns avec les

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autres. Il n’y à au surplus aucune espèce de doute quand il s’agit non plus d'intérêts commerciaux, mais d'intérêts intellectuels et moraux.

À supposer qu’un peuple se replie sur lui-même, qu’il refuse de coopérer avec les autres, d'exercer sur eux son action et de subir par contre-coup la leur, il est condamné à l’immobilité et à la décadence.

Il y a ici un exemple pratique et malheureusement trop actuel. La Chine a suivi exactement cette marche. Elle a été un pays où les hommes se sont rapprochés plus tôt, plus complètement et plus efficacement que partout ailleurs à l’origine. Ses progrès ont été ainsi très rapides, et la civilisation du peuple chinois s’est trouvée en avance sur les autres. Mais la tendance individualiste et égoiste a prévalu quand il s’est agi de répandre cette civilisation audelà des frontières. Du jour où une dynastie a isolécepays du reste du monde par une immense muraille qui, sans utilité matérielle de nos jours, n’en reste pas moins un étonnant symbole, la Chine a été condamnée à l'immobilité. Du coup son élan vers la civilisation s’est trouvé arrêté net et comme quiconque n'avance pas recule quand il s’agit de la civilisation, elle en est arrivée à la situation que nous savons, situation inférieure à celle où elle se trouvait il y a dix siècles. Voilà qui montre l'utilité de la coopération internationale.

Ici encore au surplus, l’état social international est un état de concessions réciproques, un état d'équilibre. Chacun des États a en effet sa vie propre individuelle qu'il doit continuer à développer. Il y à une initiative et une vie nationales comme il y a une vieetuneinitiative individuelles. Si celles-ci ne se développent pas, il n’y aura aucun progrès. Il faudra donc éviter, lorsque les États entreront en

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