SAGE
rapports les uns avec les autres, que, dans la tendance àse sacrifier les uns aux autres quelques droits, ils n’aillent jusqu’à les abandonner tous. On aboutirait ainsi à l’unité d'État. Sans doute, on peut jusqu’à un certain point souhaiïter une union constante entre les divers États, mais chacun d’eux a une vie propre qu'il doit conserver. Ce n'est que parce qu'il a une vie propre, en effet, qu’il exerce son initiative dans un sens particulier. À supposer qu'il n’y ait qu'un État unique, ce stimulant n’existant plus, il serait à craindre que ces initiatives nationales disparussent et que, par suite de cette disparition, l’état unique ne fût à son tour condamné à un stationnement perpétuel.
Il en est en définitive de l’étatsocial international comme de l'état social national. A l'intérieur de chaque État on doit trouver équilibre entre la tendance des individus à l'isolement et celle à la coopération. Dans la société internationale, chaque État doit collaborer avec les autres, mais on doit respecter sa vie propre. Et il en est de même des individus membres de ces États. Pour ceux-ci, il faut faire seulement intervenir cette considération que non seulement ils doivent vivre dans cet état social d'équilibre avec les autres membres du même État, mais aussi avec ceux des autres.
Du haut en bas de l'échelle, depuis l'individu dans sa vie propre jusqu'à la société des États dans la sienne, on retrouve toujours donc ces deux tendances à la coopération et à l'isolement. C’est de leurs action et réaction réciproques l’une sur l’autre que sort en fin de compte l’état social international équilibré et harmonique vers lequel nous devons tendre. |
Ceci établi, il faut en revenir aux services de transport des correspondances. Leur institution est, avons-nous dit,
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