Ils sont tombés à 7,157 en
lemagne. (N'a-t-on même pas parlé, il y a quelques jours, de menaces semblables pesant sur de jeunes ménages royaux, où le partage des attributions semblait cependant assez net pour ne donner place à aucun conflit?) Ce n'est pas le cas, alors que nous avons une magistrature où l'anarchie a pénétré au moins autant que dans l'Université, où l'on trouve des tribunaux prononçant 159, — 242, — 294 divorces en une audience1, où enfin il est notoire que les simples demandes en séparation de corps sont tenues en échec par des formalités de procédure et parla force d'inertie des tribunaux, tandis que la dissolution complète du lien conjugal est encouragée aussi bien par les conseils que par la complaisance si expéditive d'un grand nombre de présidents2. Si malgré tant d'apologies, tant de facilités et d'encouragements , le divorce vient à diminuer réellement, ce sera une preuve de plus que l'institution du mariage chrétien a la vie dure.
1. Chiffres donnés par M. Morizot-Thibaut, substitut du procureur de la République. (Voy. la Réforme sociale du 16 juillet 1901, p. 211 et 212.)
2. Il y a malheureusement une autre raison encore de douter que le divorce soit ainsi discrédité, comme il devrait être, à l'heure actuelle. Je vois qu'il est de plus en plus accepté dans certains milieux, et surtout que les divorcés trouvent à se marier autrement qu'entre eux. En comparant sous ce rapport les années 1895, 189 7 et l'année 1898, où l'on croit trouver le signal d'une amélioration, je remarque la progression suivante. Divorcées épousées par des garçons : 1.101, — 1.295, — 1.379. Divorcés épousés par des filles : 1.114, — 1.591,— 1.696.
Il y aurait cependant une autre cause qui pourrait venir à l'appui de celle-ci et serait de nature à hâter une amélioration bien désirable, je veux parler tout simplement du dégoût engendré par l'abus fatal et fatalement croissant de la loi Naquet. L'histoire, ainsi qu'il arrive si souvent, « recommencerait ». Ainsi que l'ont rappelé M. Glasson1 et plus d'un de ceux qui ont eu à traiter ce même sujet, dans les trois premiers mois de 1793, les divorces égalèrent, à Paris, le nombre des mariages. Aussi des législateurs de l'époque en vinrent-ils à faire entendre les plus vives protestations. « Loin d'être un remède, dit le tribun Garion Nisas, le divorce est un mal de plus ; et au lieu d'appeler les citoyens au mariage, comme on l'a prétendu, il les en dégoûte, il les en écarte. » Et le député Mailhe : « La loi du divorce, disait-il en 1795, est plutôt un tarif d'agiotage qu'une loi. Le mariage n'est plus, en ce moment, qu'une affaire de spéculation : on prend une femme comme une marchandise, en calculant le profit dont elle peut être, et l'on s'en défait aussitôt qu'elle n'est plus d'aucun avantage. » — « Il faut, disait Delleville, faire cesser le marché de chair humaine que les abus du divorce ont introduit dans la société. »